Combattre le cancer avec l’activité physique

Avant de vous parler de l’activité physique et le cancer, voici  une explication brève de ce qu’est le cancer.

Qu’est ce qu’un cancer ?

C’est un groupe de cellules qui, suite à une mutation, acquièrent une capacité à se développer de façon anormale et excessive sans répondre aux mécanismes de régulation de l’organisme. Des cellules plus ou moins proches des cellules normales.

Une anomalie cellulaire au départ :

Plusieurs mutations sont nécessaires pour passer d’une cellule normale à une cellule cancéreuse. Les mécanismes de réparations et de destruction cellulaire sont mis en défaut. Certaines mutations ou pré-mutations sont pré-existantes (cancer à risque génétique avec prédisposition héréditaire).

Des cellules aux capacités anormales :

  • Croissance inhabituelle malgré les mécanismes de contrôle
  • Résistance à la mort cellulaire
  • Stimulation de l’environnement notamment vasculaire
  • Capacité à sortir de l’organe d’origine pour donner des métastases.

Une maladie individuelle :

Le cancer est une maladie de cellule, mais en amont une anomalie de la génétique de la cellule. Le développement de la maladie est intimement lié à la génétique du patient. On fait des diagnostics de plus en plus individualisés, afin de mieux adapter les traitements car chaque patient est un cas particulier.

Il y autant de cancers que de patients.

Une maladie chronique ou aiguë ?

  • C’est une maladie aiguë : lorsqu’elle est opérable, guérissable, on peut définir le début et la fin de la maladie.
  • C’est une maladie chronique : lorsqu’elle n’est pas opérable, pas guérissable et quand on sait qu’on obtiendra au mieux une rémission avec une rechute

Quelques chiffres en France :

Le Cancer est la maladie du 21 ième siècle. Depuis le milieu des années 2000, cette maladie est devenue la première cause de mortalité dans le monde et en France. En 2015,on estime à 385 000 le nombre de nouveaux cas cancers en France pour 150 000 décès. En Finistère, cela touche environ 28980 personnes, ayant une prise en charge pour une affection longue durée atteint d’une tumeur.

D’après le »Medicosport-santé » du CNOSF, les hommes restent plus souvent atteints que les femmes de maladies cancéreuses.

En 1900, le cancer était en France à l’origine de 4 % des décès. Avec l’augmentation de l’espérance de vie (passée de 45 ans en 1900 à 79 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes en 2016), grâce aux progrès effectués dans le traitement de plusieurs maladies, notamment les maladies infectieuses et les maladies cardiovasculaires, ce pourcentage est passé à 6 % en 1927, 20 % en 1976 et 27,5% en 2000.

Cependant,et c’est là le fait majeur depuis 50 ans et sans doute depuis un siècle, il n’y a pas eu d’épidémie de cancers, contrairement à ce que l’on dit souvent. Même si le nombre de décès par cancer entre 1968 et 2005 a augmenté de 41 % passant de 106 000 décès à 149 000 décès pour ces deux périodes, il est noté que depuis 1950, à âge égal, la mortalité de l’ensemble des cancers n’a pas augmenté mais la fréquence globale des cancers, donc la place du cancer dans la société française, est devenue de plus en plus grande avec le vieillissement d’une part et l’augmentation de la population qui est passée de 50 à 60 millions d’autre part.

Les cancers surviennent le plus souvent après 50 ou 60 ans. La fréquence des cancers augmente donc avec l’espérance de vie de la population. Ces deux composantes,accroissement et vieillissement, ont accru le nombre de cancers qui est passé de 250 000 à 350 000 cas par an entre les années 1980 et 2010. Cette augmentation d’incidence aurait dû aboutir à une augmentation de 63 % de la mortalité alors que cet accroissement de décès par cancer observé entre ces deux dates, 1968 et 2005, n’est que de 41 %. Cette diminution de mortalité a été obtenue par l’amélioration du dépistage et des traitements.

De plus en plus de patients sont, au décours des soins, en situation de réponse complète relevant de suivi régulier.

Il existe donc trois situations cliniques à distinguer :

  • des patients en cours de traitements,
  • des patients en rémission complète de leur cancer,
  • des patients en situation palliative avec un cancer contrôlé de façon plus ou moins partielle.

Depuis environ 20 ans de très nombreuses études rétrospectives et prospectives, des méta analyses et des guides de prise  ont abouti à la notion d’activité physique et sportive en oncologie,devenant quasiment une spécialité onco-physique.

Est ce qu’on peut éviter le cancer ?

  • Arrête de fumer est indiscutablement un choix majeur
  • Avoir une vie saine a également un impact même s’il est plus complexe à mesurer :

            – Alimentation équilibrée et variée
            – Lutte contre le surpoids
            – Activité physique régulière
            – Limitation de l’alcool

Peut-on avoir une démarche de prévention ?

Facteurs de risque viral :

L’infection à papillomavirus du col utérin représente un facteur de risque de cancer, une prévention existe maintenant grâce au vaccin proposé aux jeunes filles avant l’âge de début de la vie sexuelle.

Risque génétique :

Certains cancers surviennent chez des personnes prédisposées par une particularité génétique. Dans un petit nombre de cas cette particularité est une mutation génétique connue, et donne lieu à des actions préventives. Dans la majorité des situations cette particularité est suspectée mais on ne sait pas la prouver, l’attitude est alors adaptée à chaque cas.

Repérer les patients à risque génétique :

Pour repérer ces personnes, le médecin se fie à l’apparition des cas de cancers dans la famille. On réalise un arbre généalogique qui permet de repérer si la répartition de cancers est aléatoire ou doit faite rechercher une explication génétique. C’est le métier des onco-généticiens auxquels on doit adresser les patients devant 2 critères principaux :-

  • la survenue de plusieurs cancers chez un même patient ou dans ses apparentés proches,
  • la survenue d’un cancer à un âge inhabituellement jeune pour la localisation concernée.

Facteurs de risque liés au mode de vie :

  • Le principal pourvoyeur de cancers connu est le tabac
  • Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes et en fibres, pauvres en graisses animales, diminue l’incidence de certains cancers en particulier du tube digestif
  • Une activité physique modérée mais régulière diminue également le risque  de survenue de certains cancers (sein, colon)
  • Une consommation exagérée d’alcool représente également un facteur de risque

Facteurs de risque environnementaux :

  • Certaines expositions professionnelles ont été répertoriées et sont surveillées : amiante, certains solvants… d’autres suspectées.
  • L’exposition au soleil, en particulier dans l’enfance et sur des peaux au phénotype clair, augmente le risque de cancer de la peau
  • Le tabagisme passif n’est pas un facteur négligeable

 Il n’y a pas un cancer mais des cancers selon des caractéristiques liées aux cellules tumorales mais aussi au patient lui-même et à son profil génétique, la prise en charge est de plus en plus individualisée.

La meilleure action de prévention est l’arrêt du tabac, une alimentation saine et une activité physique régulière sont des facteurs protecteurs, éviter l’exposition au soleil, surtout chez les jeunes enfants.

Traitements :

Traitements spécifiques :

Ce sont des traitements anti-cancéreux proprement dit :

  • Traitement local : suppression de la maladie dans une zone limitée (chirurgie, radiothérapie)
  • Traitement général dit « systémique » : action diffuse dans l’organisme visant au maximum les cellules cancéreuses (chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées)

Traitements de supports :

Ce sont tous les traitements associés :

  • Traitement de la douleur
  • Traitement des effets secondaires des chimiothérapies
  • Traitement des conséquences psychologiques de la maladie

Ils doivent intervenir dès le diagnostic et sont importants pour assurer une prise en charge.

De nombreux traitements sont à disposition des médecins pour lutter contre le cancer, dès son apparition ou lorsqu’il est déjà étendu. Ces traitements sont le plus souvent associés entre eux. Ils sont choisis au cas par cas pour chaque patient en tenant compte de nombreux paramètres. Leur tolérance est variable, souvent prévisible et gérable par des soins de support associés.

Surveillance et suivi du patient :

Le cancer est une maladie à risque de rechute.

Après la fin des traitements, le médecin propose aux patients une surveillance rapprochée qui s’espace au fur et à mesure du temps car plus on s’éloigne de la maladie initiale plus le risque de rechute baisse sans toutefois disparaître totalement.

Les rendez-vous sont à 3 mois, puis 6 mois, puis tous les ans jusqu’à 5 ans.

L’activité physique adaptés et le cancer :

L’activité physique se définit comme « tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques, et dont le résultat est une augmentation substantielle de la dépense énergétique par rapport à la dépense au repos ».

L’exercice physique fait désormais partie des moyens bien décrits pour réduire la fatigue et améliorer la qualité de vie, quel que soit le cancer. Son efficacité est établie et sa pratique recommandée pendant et après le traitement.

Il a été montré que le contrôle du poids et le maintien d’une activité physique régulière diminuaient le risque de rechute chez les patients traités pour un cancer, en particulier pour le cancer du sein et le cancer du côlon.

L’accompagnement des patients après la maladie a comme objectif de les encourager à reprendre ou à débuter une activité physique.

L’impact est positif sur d’autres pathologies en particulier cardio-vasculaires.

Le rôle du système de soin ne s’arrête pas à la fin du traitements anti-cancéreux.Accompagner les patients dans leur vie après le cancer est un objectif important. La reprise d’une vie normale nécessite souvent une prise en  . L’activité physique régulière adaptée est un élément important qui a prouvé un bénéfice en diminuant le risque de rechute de certains cancers.

Les différents niveaux de gravité pris en compte 

Compte tenu de la complexité de la pathologie, de ses traitements et de ses effets secondaires, les médecins ont développés une approche de la pratique des Activités Physiques et Sportives (APS) dans le cadre du Médico-Sport uniquement pour les personnes en rémission complète d’un cancer ou d’une pathologie maligne hématologique ayant achevées leur phase de traitement depuis au moins 6 mois et ayant retrouvé une condition physique suffisante pour reprendre une APS.

Les objectifs de ces APS sont  :

  • une diminution du niveaux de fatigue,
  • l’amélioration de la qualité de vie,
  • diminution de la masse grasse en particulier intra abdominale profonde
  • le maintien de la masse musculaire pour réduire les risques de rechute du cancer, de l’apparition d’un second cancer ou de comorbidités métaboliques, cardiovasculaires ou neurologiques.

Ces prises en charge post thérapeutique et en situation de rémission complète sont réalisables dans des structures sportives classiques mais qui doivent être sensibilisées à cette problématique de l’après-cancer.

Un accompagnement par le médecin traitant : 

La prescription d’une activité sportive adaptée est à l’initiative du médecin traitant. Elle est possible pour un patient en ALD et elle doit faire l’objet d’une demande sur un formulaire spécifique.

Il ne s’agit pas d’une activité de rééducation, mais d’une activité pratiquée auprès d’intervenants listés dans le décret :

  • masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens ;
  • professionnels diplômes dans le domaine d’une activité physique adaptée ;
  • professionnels et personnels qualifiés pour dispenser une activité physique aux patients en ALD ;
  • personnes qualifiées titulaires d’une certification délivrée par une fédération sportive agréée.

Comme dans le parcours de soins coordonné et si le patient l’accepte, le médecin traitant est destinataire des bilans établis par le professionnel chargé de l’activité sportive.

Par contre, les patients en cours de soins ou en situation palliative, du fait des risques de complications de la maladie cancéreuses ou de la survenue d’effets iatrogènes, relèvent de prise en charge spécifique en onco-physique dans des structures dédiées aptes à assurer une évaluation des capacités, d’apporter des solutions à visée thérapeutique, de réaliser des programmes prenant en compte la balance bénéfices/risques et d’assurer un suivi régulier, conditions indispensables à l’efficacité au suivi et à la sécurité de ces interventions.

Quels sont les bénéfices de l’activité physique sur le cancer ?

L’Institut national du cancer (INCA) a fait le point sur les connaissances concernant l’intérêt de l’activité physique au cours du cancer. Il prouve son efficacité non seulement sur la fatigue et la qualité de vie, mais aussi sur la réduction de la mortalité et des récidives.

A côté de son utilité largement prouvée dans le cadre des pathologies cardiovasculaires, les bénéfices d’une activité physique ou sportive sont actuellement bien établis en prévention primaire du cancer. Cependant, de plus en plus d’études mettent en évidence l’intérêt d’une activité en prévention secondaire voire tertiaire, c’est-à-dire pendant la prise en charge thérapeutique, pour améliorer la qualité de vie et l’efficacité du traitement, et après la maladie pour éviter les récidives.

Le décret prévoyant la prescription d’une activité physique adaptée a été publié en décembre 2016. Il est entré en vigueur le 1er mars 2017. Voté dans le cadre de la Loi Santé, il permet au médecin traitant de prescrire à certains de ses patients une activité physique et sportive. Il concerne, précise la loi, « des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires ».

L’objectif de ce décret est donc de faciliter l’accès à la pratique sportive à des patients en situation d’ALD, et notamment de cancer.L’activité est prescrite en fonction de la pathologie, des capacités physiques et du risque médical de chaque patient. Elle doit permettre de conserver une autonomie physique, et de réduire certains facteurs de risque. Par exemple, limiter le risque d’AVC (accident vasculaire cérébral) ou les accidents cardiaques en étant moins sédentaire. En bref, adapter les bienfaits du sport aux capacités du patient.

Les bienfaits de l’APS en rémission d’un cancer :

L’activité physique et sportive en cancérologie, partie intégrante des soins de support, a un effet validé sur la fatigue, la qualité de vie et l’état des capacités physiques des patients, mais, a aussi un probable apport en termes de prévention tertiaire. L’ensemble de ces bénéfices se fait par des mécanismes biologiques connus aboutissant à une indication de ces soins pendant et après le traitement de cancers à la condition d’une activité physique suffisamment intense pour atteindre et dépasser les seuils de dépense énergétique et de durée en deçà desquels il n’existe aucun bénéfice.

Après-Cancer :

Ce texte porte sur l’après cancer. Les bénéfices de l’activité physique et sportive (APS) portent sur la diminution des risques pouvant survenir lors de la période de rémission : fatigue, prise de poids, dépression, qualité de vie, troubles cognitifs, douleurs, rechute du cancer traité. Ces bénéfices s’associent en plus à un effet de prévention primaire sur les comorbidités et second cancer.

Les termes d’activité physique et d’exercice sont souvent confondus mais l’activité physique correspond à toute activité musculaire aboutissant à une dépense d’énergie tandis que les exercices correspondent à des mouvements structurés et répétitifs réalisés dans le but d’améliorer la santé du pratiquant.

Allongement de l’espérance de vie et réduction des récidives

Tout d’abord, les auteurs ont pu établir que l’activité physique avait un impact positif sur la survie et le risque de récidive. Les études disponibles portent particulièrement sur les cancers du sein, colorectal ou de la prostate. Leurs conclusions montrent que « la pratique d’une activité physique post-diagnostic est associée à une réduction de la mortalité globale d’environ 40 % dans ces études ». Les effets les plus marqués sont constatés pour les quantités d’activité physique par semaine les plus élevées, mais restent néanmoins significatifs avec une activité moindre (5 MET.h/semaine). 

Impacts sur les survies globales et spécifique et le taux de rechutes des cancers.

Des analyses de cohortes de patients suivis au décours de cancer portent sur la relation entre taux de survie et la pratique d’une activité physique et sportive lors du suivi d’un cancer localisé. Ces cohortes incluent les tumeurs les plus fréquentes,sein, colon et prostate.

L’activité physique et sportive est analysée selon des questionnaires qui évaluent les pratiques ménagères, les déplacements, marche ou vélo, les exercices avec leur type, durée, fréquence hebdomadaire, durée annuelle de pratique. Chaque pratique est définie en niveau de dépense métabolique équivalent basé sur les valeurs de chaque activités physique en MET heure du « The Compendium of physical activities ». Le type d’activité et la durée de pratique par semaine permettent de définir une dépense énergétique en MET-heure par semaine. A titre d’exemple une heure de marche à une vitesse de 5 km/h correspond à une dépense de 3 MET-heure.

Amélioration de la qualité de vie

Par ailleurs, le cancer est souvent associé à un état d’intolérance à l’exercice pouvant être à l’origine d’une diminution de l’autonomie, de la qualité de vie,de l’estime de soi et d’une augmentation des manifestations physiques et psychologiques de la fatigue. Après analyse de la littérature, les auteurs du rapport concluent que l’amélioration des capacités cardio-respiratoires a été démontrée avec différents programmes d’activité physique. L’impact positif est aussi prouvé concernant la qualité de vie (QDV). Et ce, que les programmes soient initiés pendant ou après les traitements. Une plus longue durée du programme d’intervention (>8 ou même >18 semaines selon les études)semble optimiser cet effet. L’intensité doit augmenter progressivement « jusqu’au niveau optimal qui reste encore à déterminer », précisent les auteurs du rapport.

Les bénéfices sont prouvés sur la fatigue, qui est le symptôme le plus fréquemment ressenti par les patients, avec une efficacité maximale lorsque l’activité physique est proposée dès le début du traitement. La réduction de la fatigue varie de 25 à 35% selon les études. En revanche, les données sont insuffisantes concernant les troubles anxio-dépressifs, l’estime de soi ou encore la douleur.

Amélioration de la tolérance des traitements

Les données de la littérature suggèrent, en outre, un impact positif de l’activité physique sur la réduction des effets indésirables liés aux traitements.

Ainsi, les différents programmes d’activité physique ont tendance à réduire les complications péri-opératoires, ainsi que les effets indésirables des traitements hormonaux en maintenant ou augmentant la masse musculaire et en prévenant la perte osseuse. Si la pratique régulière d’une activité physique est un facteur protecteur cardiovasculaire reconnu, les études ne permettent cependant pas de conclure à son efficacité en prévention de la cardiotoxicité de certains traitements.

De façon générale, « les effets bénéfiques décrits ont été observés pour une pratique d’activité physique mixte (développement des capacités cardio-respiratoires et renforcement musculaire), comportant des exercices d’intensité modérée à élevée avec une quantité hebdomadaire proche de celle recommandée en France pour la population générale (30 min par jour d’A.P. au moins 5 jours par semaine) », précise l’INCA (Institut Nationale du Cancer).

Le rôle des proches et des professionnels de santé

Différents facteurs concourent au manque d’engagement des personnes cancéreuses pour ce type d’activité. Il s’agit de barrières d’ordre physique (fatigue, douleur), environnemental et organisationnel (contraintes temporelles, géographiques, financières), et psychologique (croyances négatives, manque de motivation). Parmi les leviers pouvant être soulevés pour motiver les patients, les auteurs du rapport soulignent le rôle des proches et d’une information précoce sur ce sujet. Ils suggèrent l’intérêt du recours aux méthodes de communication à distance (conseil téléphonique, internet, applications smartphone, etc.),notamment chez les patients les plus jeunes. L’INCa ajoute que « les professionnels de santé ont un rôle important à jouer dans l’engagement des patients dans la mise en pratique de l’AP, sans programmation trop rigide, avec une pratique régulière même de faible niveau qui constitue toujours un acquis par rapport à l’état sédentaire ».

Les Bénéfices de l’Activité Physique sur la fatigue

L’activité physique permet de réduire la fatigue liée au cancer et, selon les différentes études, elle diminue l’intensité de ce symptôme et ce quel que soit le moment de la prise en charge du patient par une APS (18 % pendant les traitements et 37 % à distance). L’impact de l’APS sur la fatigue liée au cancer est supérieure aux autres modalités thérapeutiques y compris pharmacologiques.
C’est le seul traitement actuellement validé de la fatigue en oncologie.

Recommandations de mise en place de programmes d’APS en prévention tertiaire généralités

Le bénéfice de l’activité physique est une idée ancienne, déjà décrite par Avicenne, mais le danger est dans ce contexte double, d’une part de ne pas respecter les critères d’efficacité en mettant en place un ersatz de faible intensité, sur une courte période, ne permettant pas de  modifier les paramètres biologiques indispensables à son bénéfice, et, de l’autre côté de vouloir aller trop loin dans l’activité qui devient dangereuse voir douloureuse.
La mise en place de programmes d’activités physiques en cancérologie doit donc faire l’objet d’une indication thérapeutique avec prescription médicale et du respect de critères de réalisation par des professionnels formés et reconnus par la communauté médicale permettant la délivrance et le suivi, au même titre que tout traitement.

Après-Cancer

Dans le cadre de la prévention tertiaire, l’intensité doit rester suffisante pour modifier les cytokines et l’insulino-résistance, la durée doit être à minima de 60 minutes par séance, la fréquence d’au moins 3 fois par semaine pour modifier la sécrétion des cytokines sur l’ensemble de la semaine et permettre l’inscription de l’ancien patient dans une pratique régulière et durable.

En phase de rémission la pratique d’une APS peut être mise en place dans des structures sportives classiques mais avec des intervenants sensibilisées à la prise en charge de ces populations particulières pour prévenir de toutes complications tardives ou de rechute tumorale.

Le Médicosport tend à définir pour chaque activité physique et sportive ses avantages et modalités de pratique en cancérologie en phase de rémission. Chacun pourra, à la condition d’un encadrement sensibilisé et compétent, y trouver sa voie personnelle.

Conclusions :

Comme toute démarche de prévention, l’activité physique participera beaucoup à une dimension plus globale, socioculturelle, qui implique profondément une sensibilisation du public et donc une véritable éducation de la santé. On peut en effet s’inquiéter des résultats d’un sondage d’opinion en France publié en décembre 2012 qui montre que 7 personnes sur 10 n’ont jamais mis en place d’action spécifique de prévention des cancers. Pour plus d’un Français sur deux, l’action individuelle n’est pas perçue comme constituant un levier efficace permettant d’éviter la maladie.

Aujourd’hui, une recommandation de devoir “bouger”, prend une nouvelle importance alors que dans le même temps, paradoxalement, les thérapeutiques anticancéreuses sont devenues très efficaces !
Pour que l’ancien patient puisse être un acteur efficace, les soignants doivent lui restituer une légitimité à sentir ce qui est “bon pour lui” et tout autant à exprimer ce qu’il craint et ce qu’il imagine. Il ne s’agit donc pas pour le motiver de lui “faire peur” avec les risques de la sédentarité, mais de créer les conditions d’une adhésion à l’activité physique pour qu’elle devienne autant un moyen qu’un résultat !

Le club Miss Aqua Planet est habilité et formé à recevoir les personnes en affections de longue durée (ALD), je serais heureuse de vous accueillir, n’hésitez pas à me contacter pour plus d’information.

Références et sources utilisées dans cet article :

Médicosport-santé du CNOSF -Documents FFCO

Bénéfices de l’activité physique pendant et après cancer. Des connaissances scientifiques aux repères pratiques » / Collection Etats des lieux et des connaissances, INCa, mars 2017

Legifrance

Amelie.fr

Institut national du cancer (INCA), 30 mars 2017.

Société Canadienne du Cancer – Site Internet
Livre Sport et Cancer – Tome 1 – Edition Chiron
Article Onko+ n°39 (Dr. Pierre Saltel – Dr. Alain Marre)
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