Histoire de la BRASSE

BRASSE : Nage naturelle et utilitaire
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C’est la plus ancienne des nages, mais aussi la plus technique.

Année 1900 : Apprentissage de cette nage pour une question de sécurité. Utilisation de bouées et ceintures et pas d’apprentissage à sec, il constate que moins le nageur est soutenu et plus il apprend vite.
1904 : Apparition aux JO de la Brasse. Avant 1904, il n’y avait pas de nage officielle.

1960 : coordination et élaboration des techniques bras et jambes.

 

« Une spécialité à part ? »

La pratique de la brasse dans l’Occident remonte pour le moins à l’Antiquité.
Pendant longtemps et aujourd’hui encore, la technique de Brasse se présente comme une nage naturelle et utilitaire, inspirée par l’instinct de conservation (dégagement des voies aériennes qui contourne le problème de la respiration). On remarque également le mimétisme ancestral et animal des jambes de la grenouille.

Au XIXème siècle, la Brasse acquiert ses lettres de noblesse en tant que nage d’endurance.
25 Août 1875 : Le Capitaine Matthew Webb fut le premier à traverser la Manche (entre Douvres et Calais en 21h45min.) en utilisant une nouvelle technique, la nage « Trudgen » (du nom de Arthur Trudgen, entraîneur de natation, qui rapporta cette technique d’Amérique du Sud), une variante de crawl avec des battements en coup de ciseaux.

 

Complexe et éprouvante:

Jusque dans les années 20 : la Brasse se positionne comme première nage en tant que technique utilitaire et en seconde position dans le registre de la compétition, juste devant le Dos.
1929 : le Japonais Yoshiyaki Tsuruta est le premier à fléchir les bras pendant la traction, diminuant ainsi la traînée tout en améliorant la propulsion (2’45²00 au 200m brasse, le 27 septembre 1929).
Les cuisses et les genoux descendent plus profondément sous l’eau, favorisant ainsi une poussée de la face antérieure des jambes.
1935 : le Français Jacques Cartonn et ajoute un mouvement des mains, fauchant la surface de l’eau pour revenir en avant.
Juste après-guerre, la Hollandaise Nelly Van Vliet améliore encore la technique en diminuant l’ampleur de l’appui des bras, coudes toujours en avant des épaules. Le travail moteur des jambes se caractérise par un mouvement semi-circulaire, la coordination bras-jambes est de type moderne.
Ces différentes améliorations techniques passent malheureusement trop inaperçues à cause de l’engouement grandissant en faveur de la Brasse-Papillon et ce au détriment de la Brasse dite traditionnelle.

 

 

C’est quoi cet imbroglio dans le règlement de la Brasse ?

L’évolution technique de la Brasse se trouve, très vite menacée sur le plan sportif par un manque de précision de la réglementation.
Dès 1926, des nageurs utilisent les failles du règlement pour ramener les bras au-dessus de l’eau. Cette technique augmente la durée d’action et le trajet moteur des bras et rend leur action propulsive plus complète. Les nageurs qui sortaient les bras au niveau des cuisses trouvaient plus rentable de les ramener au-dessus de l’eau (les ramener sous l’eau, comme dans la Brasse classique, freinait considérablement leur progression).
A cause de cela, durant presque trente ans, la Brasse déclenche de vastes polémiques de la part des compétiteurs, des entraîneurs et des officiels. Les courses deviennent de plus en plus folkloriques, certains nageurs disparaissent longtemps sous l’eau puis réapparaissent en Brasse Papillon. D’autres n’usent de la Brasse classique que lors des reprises de nage. Une telle confusion ne pouvait plus durer.
Dans une première étape, on oblige le nageur à conserver, durant la totalité du parcours, la technique choisie dès le départ, Brasse ou Brasse Papillon. A l’évidence ceux qui battaient des records choisissaient la seconde option.
En 1953 : les sages de la F.I.N.A. renforcent la codification de la Brasse, tout en définissant un quatrième style : le Papillon. La Brasse, à partir de ce jour, devient très codifiée.
1957 : Obligation d’émerger la tête durant la course, d’où la disparition de la fameuse Brasse coulée, dangereuse en apnée prolongée. A partir de cette date, les entraîneurs se sont penchés à nouveau sur de possibles innovations techniques.
1961 : voit l’apparition du concept de la Brasse « moderne ». L’entraîneur américain James Cousilman et le nageur Chet Mastremski font progresser spectaculairement les records du monde sur les deux distances officielles, les 100 et 200 mètres.

 

Brasse inné ou pas ?

Pour devenir un « brasseur » de haut niveau, il faut quelques prédispositions notamment au niveau de la souplesse.
On peut citer Marc Planche, professeur de sport (Natation Sportive, volume 2, les techniques 1986) qui a écrit :

« On naît « brasseur », on ne le devient pas. »

Les prédispositions pour devenir un bon brasseur appartiennent au domaine de l’inné, on les possède d’emblée ou on en est démuni. Et ceci tout particulièrement dans le registre de la flexion et de l’extension du pied qui détermine l’aptitude numéro un pour un fouetté efficace. Contradictoirement, les nageurs doués dans les nages alternatives, ont énormément de mal à devenir un « brasseur » de haut niveau. »

 

Alors qu’au siècle dernier : « La Brasse » triomphe dans nos contrées européennes, des marins constatent, au cours de leurs pérégrinations autour du globe, que de nombreux indigènes des Antilles, de la Somalie, entre autres, pratiquent un passage alternatif des bras au dessus de l’eau, en position ventrale et sur le côté.

 

 

En anglais « side stroke » :

 

En 1940 : la suprématie de la brasse comme nage la plus rapide est battue en brèche par une technique britannique « English side stroke », (nage anglaise sur le côté), les bras exerçant une action alternée, uniquement sous-marine, en position costale, accompagnés d’un ciseau de jambes, bien différent du coup de pied de brasse d’aujourd’hui.
Un peu plus tard, au milieu du siècle, à partir lui aussi d’observations d’indigènes, l’Australien Wallis apporte un élément innovant. Il conseille de ramener en avant le bras supérieur, au dessus de l’eau, les nageurs nageant toujours en position costale.
En 1855 : Wallis fit pénétrer cette nouvelle technique en Angleterre, « l’over arm stroke » était née, elle devait dominer le monde de la natation presque jusqu’à la fin du XIXème siècle pour les courtes distances et jusqu’à l’aube du XX ème siècle sur les longues distances.
Au crépuscule du siècle dernier : le « trudgeon », du nom de son inventeur John Trudgeon, supplante « l’over » sur les courses de vitesse.
La nouveauté consistait à allier, en position ventrale, un retour alternatif des bras, au-dessus de l’eau, à un coup de pied classique de brasse. Le placement de l’inspiration provient encore d’une constatation faite auprès d’autochtones d’Afrique qui, eux, passaient alternativement leurs bras au-dessus de l’eau. Très épuisante dans sa pratique, cette technique se limitait aux 50 yards et au Water Polo.
Le Trudgen allait connaître en Australie une variante sous l’appellation de « double over arm stroke », la transformation résidait dans le fait d’abandonner le coup de pied de brasse au bénéfice du ciseau de brasse.

 

Pourquoi n’ai-je pas commencé par expliquer les nages dans un ordre précis ?

Comme :

  • En 4 nages : papillon, dos, brasse, crawl
  • En relais : dos, brasse, papillon, crawl

 

Le hasard a fait que j’ai commencé à écrire sur le crawl qui est la nage la plus rapide. Et c’est très bien ainsi !!!!

Pourquoi ?

Car plus je voyage et plus je suis convaincue comme l’entraineur, qu’il faut laisser l’enfant choisir naturellement, j’ai pu interviewer un entraineur du Pays-Bas qui a travaillé sur presque tous les continents du monde.

 

 

Quelques dates à connaître au sujet du 4 nages :

1920 : 1ère apparition d’une forme de 4 nages (Hilda James).
1922 : Deryk Smelling, l’un des entraîneurs les plus compétents en la matière, établit l’origine officielle du « 3 nages individuel ». Premier titre national officiel U.S. attribué à Hilda James chez les dames.

 

Jusqu’en 1939, le « 3 nages individuel « fut essentiellement pratiqué aux États-Unis où tous les plus grands champions U.S., de l’époque s’y essayèrent avec plus ou moins de bonheur.
1945 : vit l’introduction progressive du « 3 nages » dans les pays européens, dont la France, particulièrement sous la forme de relais 3 nages (dos, brasse, nage libre). Ainsi, la France détient officiellement plusieurs records du monde du relais 3 nages.
1953 : Date de la décision de la F.I.N.A. de reconnaître le « 4 nages individuel » dans sa forme actuelle.

 

1957 : 1er record officiel de 4 nages dans un bassin de 50m.

 

1961 : 1er spécialiste T. Stickles (200m 4 nages 2’19”60).

 

1964 -1968 : JO de Tokyo et du Mexique : le 4 nages devient une spécialité à part entière.

 

1964 : consécration définitive, le 400m 4 nages fut intégré au programme des Jeux Olympiques de Tokyo (200m).

 

2000 : Jeux olympiques de Sydney, la France a battu 14 records nationaux et a obtenu une médaille d’argent en 200m dos par Roxana MARACINEANU.

 

Règlement :

Chaque nage à sa propre réglementation.
Vous trouverez ci-joint le lien : http://www.ffnatation.fr/html/ressources/jug/fina_nat_2009_2013.pdf

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